En attendant Godot (Samuel Beckett / Samuel Beckett)
© Pierre Grobois Esthétiques de l’insensible L’espace est vide, occupé par un arbre fait de deux branches mortes, une pierre qui sert de siège. La présence muette de deux hommes, avares de déclarations, économes de gestes, institue la situation comme foncièrement pesante. Bien sûr, fort de sa familiarité avec Beckett (et avec Jacques Osinski), Denis Lavant prend initialement le pas sur les autres comédiens. Mais progressivement s’installe avec Jacques Bonaffé un jeu de connivences imperceptibles, constituant comme une inquiétante expectative, propres à désigner l’absence. Une représentation maîtrisée. Les dialogues…