Chamza est retenue dans l’hôpital de Shangaï où elle a été admise après l’accident organisé par Kendricks et ses hommes. Toutes ses tentatives pour alerter l’extérieur échouent. Le barbouze est sur la piste d’Umar, en Afghanistan. Ce dernier a voulu rencontrer un ami de son père pour connaître la vérité sur sa mort, voici trente ans. L’entretien se passe mal et le chef de guerre s’en retourne quand un missile, tiré d’un hélicoptère américain le réduit en charpie. Kendricks tient à faire savoir, à sa cible n°2 qu’elle est toujours sous surveillance.
C’est le père de Chamza, prévenu par le directeur de l’hôpital, sur ordre de Kendricks, qui sort sa fille de l’établissement. Elle a subi, à son insu, l’implantation de micro caméras qui permettent à la Caesar’s hand de suivre tout ce que voit la jeune fille. Parallèlement, un homme s’est infiltré près de ‘Umar, mais celui-ci décèle le piège et réussit à s’enfuir.
Libre, Chamza fait venir son amie Lindsey. Celle-ci comprend qu’elle est la fille du président Azimatov, fondateur et gardien suprême de la république Tashkite. Une prise d’otages, dans un chalet de montagne, en Allemagne, se termine en attentat suicide. Mais qui est derrière ce meurtre de jeunes de la famille royale anglaise et du premier ministre d’Australie ?
Et la traque se poursuit !
Thierry Smolderen a suivi, avec beaucoup d’attention, les événements liés aux attentats du 11 septembre et leurs conséquences. Il base son intrigue sur une situation réelle qui a suscité des hypothèses vite oubliées. Sans entrer aucunement dans la théorie du complot qui s’est développée depuis, il revient sur les mouvements boursiers insolites qui ont eu lieu autour de cette date. La thèse de la constitution d’un trésor terroriste, en boursicotant, a été évoquée dans les jours qui ont suivi l’attentat, puis a disparu des médias... Le scénariste construit une histoire solide avec un quatuor de protagonistes aussi énigmatiques que possible. Chaque personnage est un ensemble de points d’interrogation.
Dans ce tome, l’auteur livre quelques réponses sur le statut et la personnalité de Chamza. Mais craignant sans doute, d’en trop dire, il se dépêche de jeter, dans son scénario, une nouvelle série d’interrogations. Le personnage de ‘Umar reste, quant à lui, toujours aussi mystérieux. Est-il ce poète, cet humaniste qu’il met en avant ou un responsable terroriste ? Lindsey n’est-elle que la petite jeune fille qui approche un monde inconnu et qui reste attachée à ses valeurs d’égalité ? Quant à Kendricks, pour qui travaille-t-il réellement ? Est-il missionné ? Joue-t-il la partie pour son compte ?
Thierry Smolderen possède une grande connaissance de ces mouvances terroristes et de ceux qui les traquent. Il a une idée précise de la situation géopolitique qui lui fait évoquer, dès 2008, les difficultés financières de Dubaï révélées à la fin 2009. L’auteur montre la démesure des moyens mis en œuvre, donc la démesure des moyens dont disposent les cellules dès lors qu’il s’agit de lutte antiterroriste. Il dresse un portait des intervenants de ces équipes peu flatteur : paranos, vicieux, drogués, menteurs, truqueurs...
On ne peut que féliciter Dominique Bertail pour son remarquable travail sur une mise en scène, une mise en images qui jouent avec les ambiances graphiques. Il passe de la ligne claire pour Chamza (qui veut dire Lumière) au clair-obscur pour l’équipe de barbouzes, avant de passer à des à-plats plus sombres pour accompagner ‘Umar.
Les Yeux de Chamza confirme l’opinion laissée par le premier tome : une grande série est en train de naître.
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