Dès l’hiver 996, l’évêque Vladimir complote pour renverser ce « porc de Grégoire ». Il compte sur l’appui de Thanner, mais celui-ci le fait marquer du sceau du mal. Depuis, il a chargé Raedwald le Saxon, un chasseur et commerçant de reliques, de retrouver un coffret contenant des restes d’anges. En cas de succès, il recevra les reliques complètes de cinquante martyrs et une protection contre les Chiens de Dieu armés par les religieux de Cluny. Sa mission accomplie, au Danemark, le saxon remet le tout à Thanner puis prend la route pour recevoir sa récompense. Un marin lui soumet un texte que le trafiquant reconnaît comme de l’araméen. Il décide de passer par l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés où un moine traduit le texte, un document qui remet en cause la responsabilité de la mort du Christ.

C’est au printemps 998, que Raedwald le Saxon et son compère Arnulf, arrivent à Ostie pour recevoir leur récompense. Ils sont accueillis par Livie Cardosa, la sœur de l’abbé Manfred, l’abbé du couvent du mont Cassin. La jeune femme mettra tout en œuvre pour connaître la teneur du document que le saxon apporte à son frère, de la part des moines de Saint-Germain.
Si Thanner a disparu, les sylphes, en la personne de Ealdhan, veillent. Lui et son âme damnée le remplacent avantageusement pour faire de Rome un enfer et pour compliquer la vie du Saxon et de Arnulf, son ami. Les traquenards et les embuscades se multiplient... Raedwald qui, peu à peu, s’approche de la vérité sur l’apocalypse à venir et sur la vraie nature des sylphes devient pour eux l’homme à abattre...
Richard D. Nolane, grand chasseur de mystères devant l’éternel, prend pour base la période charnière de l’An Mil, réputée pour avoir été le théâtre de remous hystériques générés par la crainte du retour de Satan. Il s’appuie sur cette crainte de l’apocalypse, développée au cours du XVIè siècle puis reprise par des historiens romantiques du XIXè. C’est dans ce climat, mais plus sûrement sur l’éternelle réalité qu’est la conquête et la conservation du pouvoir, que le scénariste montre les différentes factions qui s’opposent. À cette époque la lutte entre les rois Hugues Capet et Othon se conjugue à celles des religieux pour l’instauration d’une hégémonie, dans les royaumes terrestres.
Il mêle à cette tangibilité, un fantastique composé de goules, les ancêtres des vampires, d’extraterrestres descendants d’anges déchus qui ne rêvent que de prendre leur revanche sur l’Éternel. Il en résulte un récit qui, au fil des épisodes prend de la chair, de la densité, du poids, même s’il est parfois un peu touffu. Cette histoire dans l’histoire est portée par deux héros qui ne mènent pas une quête glorieuse. Il s’agit de deux aventuriers qui courent le monde pour leur commerce, voire le trafic, de reliques, une activité fort juteuse à l’époque.
Dans ce tome, le scénariste clôt un premier cycle et apporte nombre de réponses.
Cette saga médiévale est servie par le graphisme hybride de François Milleville-Deschènes qui prend le meilleur du Comics et de École Belge pour restituer un dessin réaliste d’une excellente facture. Il excelle dans la construction de personnages, dans la restitution de leurs expressions et s’attache à réaliser des décors d’une grande beauté, le tout servi par un souci de minutie et de réalisme.
Millénaire est une série à découvrir sans tarder pour la qualité constante du graphisme et pour l’intrigue qui gagne en caractère au fil des albums.
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