La première scène place le public en position rudimentaire, confiné dans l’atmosphère sombre d’une modeste boutique de libraire. Un jeu dynamique, débridé, s’essayant volontiers à engager le public dans une action frénétique, inscrite dans l’ambiance interlope du Chicago des années 30, vient servir l’argument de la pièce, qui présente un combat ambigu, jamais décidé, dont on ne connaît que partiellement les règles. Les tableaux de la pièce se succèdent comme les pièces d’un puzzle à jamais incomplet. L’utilisation des possibilités de transformation du plateau permet de traduire de façon scénographique la mobilité des choses et des êtres.
Des acteurs expansifs, vivaces, animés d’une furieuse verve, portant les répliques acerbes, un peu rugueuses du texte. Cette vivacité d’ensemble constitue un travail cohérent et enjoué, propre à restituer la pièce de Brecht dans ses tensions et son actualité, mais restant un peu monolithique. Certes la tendance à déclamer, à adopter des postures ostentatoires permet l’exhibition de l’artifice, l’indécidabilité incessante du jeu, mais le tout paradoxalement manque de relief : un bon spectacle, c’est incontestable, auquel il ne manque que la grâce qui emporterait une adhésion alors sans réserve du spectateur.
Dans la jungle des villes
Bertolt Brecht - Texte français de Stéphane Braunschweig
Mise en scène :
Clément Poirée
Scénographie :
Erwan Creff, assisté de Caroline Aouin
Avec :
Philippe Morier-Genoud, Bruno Blairet, Catherine Salviat, Raphaël Almosni, Laure Calamy, Julie Lesgages, David Stanley, Geoffrey Carey, Dominic Gould, Laurent Ménoret
Lumières :
Maëlle Payonne
Son :
Stéphanie Gibert
Maquillage :
Faustine-Léa Violleau
Costumes :
Hanna Sjödin
Durée du spectacle :
3 heures avec entracte
Visitez le site du Théâtre de la Tempête...
Il y a 1842 signes dans cet article.