Néron aime Junie, mais Junie n’a d’yeux que pour Britannicus. Cela ne peut pas se bien terminer, surtout quand Agrippine s’en mêle et tâche de préserver, quoi qu’il en coûte, son influence sur son jeune fils depuis peu installé sur le trône impérial. Si l’intrigue amoureuse n’a rien d’historique l’ensemble de la pièce s’inspire des écrits de l’historien Tacite ; Racine y a puisé la matière de sa tragédie et sa part d’invention - le personnage de Junie et la passion ardente qu’elle inspire à Néron - n’a d’autre fonction que de permettre le développement d’une action par laquelle la tragédie sera conforme à la règle des trois unités. Parce que le véritable argument de la pièce est, au fond, la confrontation de Néron s’efforçant d’affermir son autorité et d’Agrippine sa mère, s’accrochant à l’influence qu’elle a sur son fils. Or circonscrire en un seul lieu et en 24 heures les sourdes menées des ambitieux tâchant de conquérir le pouvoir - ou de le conserver - eût été une intenable gageure...
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Jusqu’au 2 mai Britannicus de Jean Racine, mis en scène par Jean-Louis Martin-Barbaz et la compagnie Le Studio, au Théâtre 14 - Jean-Marie Serreau, 20 avenue Marc Sangier, 75014 PARIS.
Côté romans - polars plus excatement - le cinquième opus d’Olen Steinhauer vient de paraître chez Liana Lévi, Le Touriste. Ce n’est pas l’ultime volet de la série commencée avec Cher camarade, qui se clôt avec Victoria Square : ladite série ayant été injustement boudée - oui, injustement : je répète ici que c’est une série remarquable ! - l’éditeur a préféré publier d’abord ce roman-ci, qui est déjà un gros succès de librairie outre-Atlantique. Un succès mérité : on trouve dans Le Touriste tous les éléments du "best seller" susceptible de toucher un très large public : de l’action, du suspense, des personnages complexes, un héros tourmenté, une intrigue retorse rondement menée, de l’humour, beaucoup de distanciation et une juste dose de cynisme, quelques pages de tendresse familiale dans un univers brutal où la confiance n’est jamais de mise, un panorama, enfin, de la situation internationale certes fictif dans les détails mais à l’évidence fortement inspiré de données réelles...
C’est un très brillant roman d’espionnage qu’on ne lâche pas une fois commencé - d’ailleurs, il vaut mieux ne pas interrompre sa lecture trop longtemps sous peine de perdre un peu le fil - qui, à l’instar des quatre autres romans précédemment publiés, atteste qu’Olen Steinhauer, outre l’art d’écrire, maîtrise aussi celui de surprendre son lecteur autant par les histoires qu’il concocte que par les moyens qu’il emploie pour les raconter...
À noter qu’il y aura bientôt sur k-libre une interview de l’auteur à découvrir... et de plus amples renseignements sur certain Tourisme (la capitale initiale est importante) que ne permet pas de pratiquer votre agence de voyage préférée...
Olen Steinhauer, Le Touriste (traduit de l’anglais - États-Unis - par William-Olivier Desmond), Liana Lévi, avril 2009, 522 p. - 22,00 €.
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